« L’importance d’un Supply Chain Manager est sous-estimée »

Tout semblait indiquer que Dovre finirait tôt ou tard à faire appel à Essensys. Fabricant de poêles (chauffage) installé à Weelde, Dovre compte en effet parmi ses produits phares un modèle baptisé Sense. Cette collaboration marque un moment charnière. Dovre souhaite réorganiser en profondeur sa chaîne logistique, à un moment où son chiffre d’affaires évolue à la hausse. N’attendez pas qu’il soit trop tard pour remettre en question vos processus d’entreprise, tel est le message de Tom Gehem, CEO et propriétaire de la société.
 
Peu de gens savent que Dovre est une société belge…
Tom Gehem : « Dovre était à l’origine un fabricant de poêles norvégien. En 1964, mon père, Leon Gehem, était représentant pour la Belgique. En 1981, il devient propriétaire de la marque et l’importe ici. Si Dovre a donc des racines scandinaves, la société joue en même temps la carte de la qualité belge. Nous devrions peut-être insister davantage sur ces deux aspects dans notre communication. »
 
Vous avez toutefois conservé une organisation internationale ?
Tom Gehem : « La fonderie et le siège social se trouvent à Weelde et occupent 200 personnes. Nous avons des sites en Norvège, en France et en Espagne, qui comptent ensemble 15 collaborateurs. Nous assemblons aussi en Pologne, où nous employons 100 personnes. Dans les autre pays, nous travaillons avec des importateurs, 25 au total. 10 % de notre production seulement restent en Belgique, les autres 90 % sont destinés à l’exportation. Nous vendons 40 000 poêles sous la marque Dovre ; 30 000 autres sont commercialisés à l’unité ou en pièces détachées par d’autres enseignes. Nous livrons ainsi beaucoup à des entreprises françaises, et les marchés canadien et américain montrent à nouveau de l’intérêt pour nos produits. En raison de la faiblesse de l’euro, mais aussi parce qu’ils ne veulent pas dépendre complètement du marché chinois. »
 
Comment se porte le secteur ?
Tom Gehem : « Ces dernières années, Dovre n’a cessé de se développer. Nous n’avons plus vraiment de concurrent en Belgique. En Scandinavie, malgré l’arrivée de nombreuses petites marques, le marché a reculé de 40 %. Chez nous, il a stagné, même si l’annonce d’un éventuel black-out a un peu stimulé les ventes. Nous avons augmenté notre part de marché. Et le marché évolue, notamment avec l’arrivée de plus petits poêles pour les maisons passives. »
 
Dès qu’il s’agit de particules fines, on pointe souvent du doigt les poêles. Est-ce justifié ?
Tom Gehem : « La technologie a beaucoup évolué avec l’arrivée des poêles à double, voire triple combustion. Le problème, ce sont les foyers ouverts et les très vieux poêles. Nous innovons constamment, car de nouvelles normes légales entreront en vigueur en 2020. Chaque nouveau modèle doit faire l’objet de tests approfondis et être approuvé. Bref, créer un nouveau poêle coûte vite 100 000 euros, sans les frais indirects. Les deux testeurs de notre labo travaillent avec un professeur de l’université d’Eindhoven spécialisé dans les technologies de combustion. »
 
Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de revoir l’ensemble de la chaîne logistique ?
Tom Gehem : « Herman Van Loon (Chief Operating Officer), Rudy Sterkens (Chief Financial Officer) et Marcel Roovers (Chief Commercial Officer) ont rejoint le comité de direction. Ses membres se concentrent sur la rationalisation des achats, de la production et de la distribution et la réduction des stocks. En outre, de nombreux projets sont en route et nous allons investir trois millions d’euros dans de nouvelles lignes pour notre fonderie. Dovre a toujours été très orienté production, nous voulons garantir l’avenir de l’entreprise. »
 
À quels niveaux voulez-vous changer l’entreprise ?
Tom Gehem: « Pourquoi avoir des entrepôts en Norvège et en Espagne alors que les transporteurs livrent en 24 h ? Pourquoi garder un stock à Salon-de-Provence pour approvisionner des clients à Lille ? La Norvège, la France et l’Espagne deviendront des bureaux de vente et les clients passeront commande via leur représentant local ou le feront directement, surtout en ligne. Cela nous oblige en revanche à mieux planifier et à donner des dates de livraison exactes. Nous adaptons notre chaîne logistique sur cette base, en tenant compte de l’organisation, des coûts, etc. »
 
Pourquoi vous êtes-vous adressé à Essensys pour ce problème ?
Tom Gehem : En interne, personne n’avait suffisamment de temps et de compétences pour s’en charger. Notre CFO avait déjà eu des contacts avec Essensys et nous n’avions rien contre l’outsourcing. Nous externalisons d’ailleurs l’IT et le transport. Lors de l’entretien préliminaire, Tony Geudens d’Essensys a été droit au but pour identifier notre profil. Un jour plus tard, le résultat était déjà prêt à 95 %. Sur cette base, Essensys a sélectionné trois spécialistes potentiels de la logistique. Il nous a fallu choisir entre une approche pratique et une solution plus académique basée sur le spreadsheet management. Nous avons opté pour la deuxième option. Même si nous restons une entreprise familiale, sans un certain pragmatisme, nous ne nous en sortirons pas. »
 
Quelle genre de personne était cet interim manager ?
Tom Gehem : « Un manager expérimenté du secteur automobile. Vous ne pouvez pas demander à des collaborateurs et des chefs d’équipe expérimentés d’accepter tout ce que leur dit quelqu’un de plus jeune qu’eux. Chaque jour, l’interim manager a dû ‘vendre’ ses idées et ses propositions, à notre CFO, mais aussi aux conducteurs des chariots-élévateurs, à qui il faut expliquer clairement l’intérêt d’un éventuel changement. Il n’y est pas toujours arrivé à 100 %, mais il a au moins donné une certaine direction. Il a défini la chaîne d’approvisionnement et examiné la logistique et les stocks. Nous réalisons à présent que l’importance du Supply Chain Manager, qui relève du COO, est sous-estimée. Dans une PME comme Dovre, qui doit gérer une concurrence accrue, des modèles plus nombreux et des clients dans de plus en plus de pays, ce Supply Chain Manager joue un rôle crucial. Sur le terrain, nous avons constaté que la routine n’offrait pas toujours la bonne solution et que nous pouvions gagner en efficacité sans perdre en qualité. Quelle prise de conscience ! L’interim manager a clairement eu un impact tangible. »
 
Quel rôle a encore joué Essensys une fois l’interim manager au travail ?
Tom Gehem : « Au début, nous nous moquions un peu : qu’est-ce qu’Essensys allait bien pouvoir nous raconter lors de cette évaluation mensuelle ? Mais avec ses questions critiques, Tony Geudens nous a permis de rester concentrés. Nous définissions de nouveaux points d’action à chaque réunion. Qu’est-ce qui marche et ne marche pas ? Sommes-nous sur la bonne voie ? Quels sont nos objectifs ? À quelle échéance ? Ces évaluations constituaient une valeur ajoutée incontestable. »
 
La mission est-elle terminée ?
Tom Gehem : « L’interim manager devait rester de 6 à 9 mois. Au final, sa mission a duré plus d’un an. Nous avons finalement engagé un Supply Chain Manager, pour relier la vente et la production. Il commencera dans quelques semaines. Pour le moment, nous voulons avant tout garantir la continuité. L’interim manager a déjà rencontré le nouveau Supply Chain Manager. Peut-être ferons-nous encore appel à lui pour une mission éclair dans les prochains mois, histoire de s’assurer que la transition se passe bien. Nous ne voulons pas perdre nos acquis, car il s’agit à présent de transformer en bureaux de vente nos sites norvégiens, français et espagnols. »
 
 
 
 
Company Profile:
  • Fabricant de poêles installé à Weelde, qui exporte 90 % de sa production.
  • Entreprise familiale dirigée par Tom Gehem. En 1981, son père devient propriétaire de la marque et transfère la production de Norvège en Belgique.
  • 315 collaborateurs, des sites en Belgique, Pologne, Norvège, France et Espagne.
  • Chiffre d’affaires consolidé : 38,5 millions d’euros.
  • L’innovation est cruciale pour le développement de l’entreprise, notamment en raison de normes légales plus strictes.
 
Solutions by Essensys
  1. Très approfondi, l’entretien préliminaire a parfaitement résumé le défi et permis de trouver l’interim manager idéal.
  2. Grâce aux réunions mensuelles, les progrès ont été évalués et le client est resté concentré sur son objectif. Qu’est-ce qui marche et ne marche pas ? Quels sont les points d’action ?
  3. L’approche systématique a évité de perdre de vue la mission initiale. Essensys a participé au processus de réflexion aux côtés de son client et a osé le contredire.
  4. Dialogue ouvert, dans le cadre duquel Essensys a mis son savoir-faire à la disposition du client et de l’interim manager pour mener parfaitement à bien sa mission.
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